Jacques Lacarrière
Métaphore de la dé-construction de l'être, la Sourate du Vide de l'écrivain français Jacques Lacarrière (1925-2005), semble nous montrer la voie vers une vie plus libre, apte à de nouveaux choix, renouvelée, surtout réinventée et rebâtie avec les matériaux que nous nous sommes forgées nous-mêmes ...
Comme dans le cycle naturel, le pourrissement de la graine dans la terre meuble précède l'éclosion de la plante qui nous nourrira ou nous enchantera par sa beauté. Soyons les artisans/constructeurs de notre vie, semble nous dire l'auteur et débarrassons-nous (sans les trahir puisqu'elles nous ont construites) des pierres obsolètes de notre passé. Prenons la voie initiatique qui nous amènera vers "l'éveil" à nous-même, et par conséquent aux autres. et bâtissons-nous une nouvelle vie, tout de suite, sans attendre !
Cet extraordinaire texte rejoint - en toute humilité, et sans que je ne me compare de près ou de loin à ce grand écrivain, bien des thèmes traités ici depuis plus de cinq ans : la liberté - le chemin d'évolution - la vérité - le choix - Le chemin vers soi - la conscience - le sens - le symbole ... et beaucoup d'autres sujets concernant l'individu et sa vitale quête. Je vous laisse les découvrir en explorant ces lieux.
Antiochus

|
|
LA SOURATE DU VIDE
|
Désapprendre. Déconditionner sa naissance. Dépouiller ses défroques. Dévêtir sa mémoire. Déchirer ses devoirs. Défaire ses certitudes. Débaptiser sa source. Dérouter ses chemins. Désacraliser les prophètes. Démonétiser l'avenir. Déjouer la déraison. Déflorer le délire. Défroquer le Défigurer Narcisse. Délivrer Galaad. Découronner Démystifier le sang. Déshériter l'ancêtre. Désencombrez votre âme. Déséchouez vos échecs. Délivrez la folie. Désamorcez vos peurs. Dénaturez l'inné. Désincrustez l'acquis. — Sourates, 1990 |
Sourates (écrit en 1982) est un recueil, non de poèmes à proprement parler, mais de méditations à caractère poétique c'est-à-dire, ici, orientées vers la recherche d’un sens qui ne soit pas simple objet de discours pour la raison mais qui remue au plus profond notre sensibilité et soit alors comme un éveil, un accroissement d’être.
